Olivier Libaux, 1964 – 2021

Je me souviens d’une maison d’Hardelot (Pas-de-Calais), de parties de pétanques et de bières Jeanlain.

Je me souviens d’Olivier me montrant les accords de Who Loves the Sun du Velvet Underground (pas très assidu, j’ai dû les oublier un peu).

Je me souviens du studio londonien où, l’espace de quelques jours en 1991 et en mission pour le magazine people dont j’étais alors le rédacteur en chef, j’étais allé assister à l’enregistrement d’une partie de La Normalité, l’album qui allait lancer la carrière des Objets, le duo french pop dont Olivier était le principal instrumentiste. J’en avais ramené quatre pages, photos comprises.

Je me souviens de conversations musicales sans fin. On pouvait s’écharper pour pas grand chose (gentiment, hein), mais se retrouver sur l’essentiel : les guitaristes.

Je me souviens de La Normalité. Ça, c’était vraiment bien. “Je retrouverai / La normalité / L’ennui de vivre / Comme un raté” (paroles Jérôme Rousseaux, alias Ignatus). Pour que je dise ça d’un groupe français…

Je me souviens d’Olivier Libaux surtout avant Nouvelle Vague (que j’ai moins aimé, et pas très longtemps). Son regard discrètement amusé, jamais très loin d’une sorte de mélancolie rentrée.

Je me souviens du Monochrome Set, qu’il révérait. J’étais d’accord – mais je l’exprimais de façon moins radicale.

J’ai beaucoup aimé Olivier Libaux, les quelques années où je l’ai côtoyé d’assez près. Ciao, l’ami.